Les larmes qu’on n’attend pas
Lorsque les voitures ont quitté l’allée, la façade solide de mon mari s’est fissurée. Lui qui, toute sa vie, a assumé les responsabilités sans broncher, avait les yeux brillants. Sa tristesse, contenue mais palpable, m’a transpercée. Cet homme qui a tout donné à ses enfants ne méritait pas ce vide, cette impression de ne plus compter vraiment.
Nous sommes restés quelques instants dans l’entrée, silencieux, comme si nous venions de comprendre une vérité que nous repoussions depuis longtemps : nos enfants ne savent plus passer du temps ensemble. Et, indirectement, ils ne savent plus passer du temps avec nous.
Comment renouer ce qui semble distendu ?
Depuis ce fameux dimanche, je tourne la situation dans ma tête. Et si, plutôt que de chercher la faute, nous cherchions une nouvelle façon d’être une famille ? Peut-être que nos enfants, pris dans le tourbillon de leur vie adulte, n’ont jamais réalisé à quel point ces moments comptent pour nous. Peut-être qu’ils ont besoin qu’on leur propose des rencontres plus simples, plus spontanées, moins solennelles qu’un grand dîner organisé.
ADVERTISEMENT






